Construction d’un appareil dans les ateliers Audra.(Archives départementales de la Drôme/référence/photo sublimée et colorisée).

Dans notre article en date du 10 août 2025, Robert Merloz, Pilote de montagne rendait hommage à un pionnier de l’aviation atypique de l’aviation de montagne, mais aussi de l’aviation en général et de la locomotion automobile en particulier. Aujourd’hui, nous vous proposons la lecture de l’article de Daphné Michelas, paru sur le site Internet de la radio Ici Drôme Ardèche le vendredi 27 février 2026, dans lequel l’historienne régionale rappelle l’importance de l’ébénisterie locale dans la construction des avios de Marcel Leyat…

L’ARTICLE DE DAPHNÉ MICHELAS

Philippe Costa, Daphné Michelas

Diffusé le vendredi 27 février 2026 à 7:28

Publié le vendredi 27 février 2026 à 7:28

« Daphné Michelas raconte comment, au début du XXe siècle, à Die, les premiers planeurs de Marcel Leyat ont été fabriqués par des ébénistes. Une plongée vivante dans une aviation née entre rabots et copeaux.

Daphné lève le voile sur une page méconnue de l’histoire locale : les débuts de l’aviation artisanale. Avant les hangars, avant les pistes bétonnées, les avions prenaient forme dans des ateliers de menuiserie. À l’époque, le bois est roi et les ébénistes sont les véritables ingénieurs des airs.

L’aviation née dans les ateliers

Tout commence au début du XXe siècle. Lorsque Marcel Leyat conçoit son planeur, il ne se tourne pas vers une usine, mais vers un ébéniste local.

Le choix peut surprendre. Pourtant, il est parfaitement logique. Les premiers aéronefs sont essentiellement en bois. Ils exigent légèreté, précision et assemblages millimétrés. Les ébénistes maîtrisent le noyer, les structures fines et les pièces délicates mieux que quiconque.

À Die, l’ébénisterie Audra fabrique ainsi le planeur imaginé par le jeune ingénieur. La machine pèse d’abord 36 kilos, puis 27 kilos seulement, pour 20 mètres carrés de surface portante. « Du sur-mesure volant », souligne Daphné.

Des machines fragiles mais audacieuses

Ces premiers essais ne sont pas sans risques. Les câbles cassent, les chutes sont fréquentes, les ajustements constants. Marcel Leyat pilote lui-même ses engins. Il modifie, corrige, améliore.

Les ailes évoluent. Le siège est repensé. Un système de commandes libère même les mains du pilote, une innovation étonnamment moderne pour l’époque.

Daphné Michelas résume avec une formule forte : « On sculpte littéralement les premiers avions comme des meubles, sauf que ceux-ci quittent le sol », dit-elle.

Avant les ingénieurs aéronautiques diplômés, il y avait donc des artisans passionnés. L’aviation n’est pas née dans le fracas des moteurs, mais dans le silence appliqué des ateliers, entre établis et plans griffonnés.

Pourquoi les ébénistes étaient incontournables :

– maîtrise des bois légers et résistants ;

– précision des assemblages au millimètre ;

– savoir-faire dans les structures fines ;

– capacité à travailler sur mesure.

À travers cette histoire savoureuse, c’est toute la mémoire industrielle et artisanale, du Diois mais aussi de la DrômeArdèche qui reprend son envol. Et l’on comprend mieux pourquoi, ici, ces pionniers ne sont pas oubliés. »

SOURCES

  • Pourquoi les premiers avions étaient-ils construits par les ébénistes du Diois ?

https://www.francebleu.fr/emissions/mais-pourquoi-daphne/pourquoi-les-premiers-avions-etaient-ils-construits-par-des-ebenistes-du-diois-5616291


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