James Belmont vient de se poser sur un lac et se prépare à installer son bivouac sur la berge avec son chien Odin (référence/photo sublimée).

Ce jeudi 24 septembre 2026, j’ai visionné le film de David Ayer co-produit par Brad Pitt intitulé « Heart of the Beast » (« Au coeur de la Bête »), et ce fut le choc. Une heure et quarante et une minutes d’une quête incessante confinant au sublime…

SYNOPSIS

Sans spoiler le scénario, nous pouvons dire que le sergent major James Belmont, récemment retraité des Forces spéciales américaines, entame, en compagnie de son chien de guerre Odin (joué par le berger allemand Uber), le survol de l’Alaska en hydravion pour se connecter à une nature sauvage afin d’oublier les opérations militaires les ayant traumatisés tous les deux.

Malheureusement, le pilote, victime d’une crise cardiaque, perd connaissance, percute des arbres à pleine vitesse et finit sa course au fond d’un lac entouré de montagnes.

Le berger allemand et son maître survivant miraculeusement à un crash spectaculaire, il leur reste à parcourir 93 kilomètres à travers une contrée hostile appelée the « Heart of the Beast » pour rejoindre la civilisation, du moins un coude de route menant, logiquement, à une hypothétique installation humaine.

CRITIQUE DU FILM

Tourné en Nouvelle-Zélande (certainement pour la beauté de ses montagnes et de ses forêts primaires) et sorti sur les écrans français le mercredi 23 septembre 2026, Heart of the Beast est un film d’aventure tous publics qui, malgré quelques scènes assez spectaculaires ou crues, est manifestement destiné à une audience familiale. Cependant, et il ne faut pas s’y tromper, la vedette du film n’est certainement pas Brad Pitt, qui n’est que le faire-valoir de son compagnon à trois pattes (il en a perdu une au combat…), qui, lui, crève littéralement l’écran dans toutes les séquences.

C’est certes un peu facile, mais il s’agit d’illustrer le parcours des maîtres de chiens de guerre et de leurs partenaires, souffrant en l’occurrence de Troubles de stress post-traumatique (TSPT) invalidants et de graves blessures physiques. On peut juste déplorer que les scènes de combat (en Afghanistan, j’imagine), soient par trop « hollywoodiennes »…

Sinon, rien à dire, le film illustre parfaitement l’attachement du maître à l’animal qu’il a dressé dès le plus jeune âge, et la fidélité à toute épreuve d’un animal qui, censé jouir enfin d’une retraite bien méritée, doit, lui aussi, se lancer dans une aventure riche en rebondissements.

https://www.bing.com/videos/riverview/relatedvideo?q=Heart+of+the+Beast&&mid=EC3FE3A292DB4520410DEC3FE3A292DB4520410D&churl=https%3a%2f%2fwww.youtube.com%2fchannel%2fUCF9imwPMSGz4Vq1NiTWCC7g&FORM=VRDGAR

AUSSI UN FILM DE BROUSSE

Mais en quoi ce film peut-il intéresser les pilotes de montagne (et de brousse) ?

Tout d’abord, il débute par une longue scène de vol dans les montagnes alaskaines et le posé parfait sur un lac idyllique, un cadre idéal pour établir un bivouac tranquille et confortable. Ces images montrent parfaitement ce que peut être la vie des pilotes de brousse en Alaska et au Canada, une expérience exceptionnelle de vol dans un décor grandiose et un climat de liberté inégalable.

Une fois en route, le binôme entend un avion le survoler à faible altitude, mais le temps de tirer le pistolet lance-fusée de détresse du sac à dos, l’avion a dépassé les survivants et la gerbe explose loin derrière l’appareil.

Au-delà des images d’avion, le film expose le fait qu’un « broussard » en détresse ne doit pouvoir compter que sur lui-même. Bon, dans le cas qui nous intéresse, le naufragé dispose de tous les atouts possibles pour s’en sortir : ancien des Forces spéciales américaines formé à la dure, accompagné d’un chien de combat ultra performant et disposant de tout l’équipement nécessaire pour survivre au milieu de nulle part. Au plus modeste niveau de pilote alpin ou pyrénéen, rappelons que les occupants d’un avion ou d’un hélicoptère doivent au minimum être équipé de chaussures de montagne et de lunettes de soleil ou de glacier, disposer d’un sac à dos contenant une trousse de secours, des effets chauds (coupe-vent, veste chaude, gants et bonnet) et d’aliments à digestion rapide (barres énergétiques, pastilles de dextrose), ainsi que des équipements réglementaires embarqués à bord de l’appareil (corde, crampons, piolet, etc.), sans oublier les cartes et une boussole (ou mieux encore, un appareil GPS), bref, de quoi survivre au moins à une journée de marche si la mauvaise météo exclut tout espoir de sauvetage aérien.

ÉPILOGUE

Au final, Heart of the Beast est une production bien américaine dans laquelle même le crash se termine dans un lac comme pour augmenter l’intensité des épreuves futures, dans laquelle on ne nous épargne ni le face-à-face avec un ours colossal ni l’attaque par une meute de loups, et encore moins une scène finale brisant le coeur des spectateurs. Malgré cela, les critiques de cinéma « normaux » (quand on est ou qu’on s’improvise critique de quelque chose, il faut toujour avoir quelque chose à y redire…) jugent déjà que ce film d’aventure manque de mordant… Pour notre part, tout juste peut on déplorer la légère exagération des scènes de guerre, dont on comprend mal la finalité d’actions spéciales normalement menées tout en finesse, en économisant les moyens et en minimisant le nombre de victimes civiles, mais conduites tout en force pou, in fine, sauver un bébé. Là, il s’agit de montrer toute la force de l’armée américaine dans un film d’abord pensé pour un public nord-américain, il faut s’y faire.

Ce qui est plus intéressant, c’est d’avoir insisté sur l’impact des TSPT sur les vétérans, humains et canins, confrontés à des phases de combat de haute intensité hantant leurs nuits et gâchant le reste de leur vie, au quotidien. C’est là que la marche pour la survie de James et Odin (l’anagramme de Dino) prend un sens tout spirituel, car il s’agit de lutter aussi bien contre une nature hostile et des prédateurs sans pitié que contre ses propres démons pour, au bout du chemin, trouver enfin la paix et le repos de l’âme.

Pas sûr qu’une personne non avertie de la chose militaire puisse comprendre le sens caché de l’amitié profonde liant le maître et son chien au sortir de toutes les épreuves auxquelles ils ont été tous deux, et ensemble, confrontés. Reste que cette histoire justifie, à elle seule, qu’on se déplace dans les salles obscures pour apprécier la réelle performance artistique de Brad Pitt et d’Uber…

Bernard Amrhein

SOURCES

  • Heart of the Beast

https://fr.wikipedia.org/wiki/Heart_of_the_Beast

CRITIQUES

  • Heart of the Beast

https://www.allocine.fr/film/fichefilm-1000000085/critiques/spectateurs

  • Heart of the Beast

https://www.senscritique.com/film/heart_of_the_beast/critique/345045530

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DÉTAILS

L’une des affiches du film (référence/photo sublimée).

DISTRIBUTION


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